Du coté des produits écologiques

QUESTION DE DEFINITIONS!

           Un produit « écologique »qu’est ce que c’est au juste ?!
 

Je me suis aperçu au fil des échanges que nous ne mettons pas tous la même chose derrière ce terme… Et je me demande s’il ne s’agit pas, ces temps-ci, d’alimenter ces confusions (légitimes) quand certains fabricants pourraient saisir l’opportunité pour vendre « du vert » alors que ça n’en est pas…Car les « jeux de mots » sont pratique courante. Dans les rayons de supermarchés et de certaines boutiques spécialisées, on assiste à une espèce de surenchère et de « fausses mentions » en tout genre !

Le mot « écologique » qui ne semble pas « protégé » est devenu à mon goût un vrai… « Fourre-tout ». Il me donne l’impression d’être utilisé pour « rassurer » les consommateurs, parfois même pour les « déculpabiliser » de leur achat ou encore pour « crédibiliser » tel ou tel produit ! Etre consommateur « ce sera bientôt un métier » ! (tant il y a de choses à décrypter sur une étiquette et tant cela sous-entend de « compétences » qui vont avec… Ce n’est pas pour rien qu’est apparue, du coup, la notion de « consom’acteur »…

Pour moi, pendant longtemps, un produit « écologique » était un …produit « idéal ». Mais j’ai pris conscience que ce n’est pas le cas. Pour tout un tas de raisons. Les choses ne sont jamais « simples », rappelons nous en…
Si certains voient dans la  « tendance »au vert un bel effet d’aubaine, d’autres en revanche s’évertuent à perfectionner toujours plus le vaste champ de la « détergence naturelle »qui doit combiner « efficacité » et « empreinte écologique »correcte (minimum).

Ainsi, pour y voir plus clair, j’ai dû faire preuve de « sens critique » et fouiller toutes les infos disponibles.
 

A ceux qui découvrent « l’écologique », j’ai envie de dire que l’on peut s’appuyer dans un premier temps sur les labels « officiels » mais qu’ils sont loin d être, à mes yeux, les plus sérieux …J’expliquerai juste après pourquoi..
 

*Mais prenons un exemple concret :
Vous avez toujours acheté un produit vaisselle « classique » et vous décidez de changer, de « passer  au vert ». Si vous l’achetez dans un supermarché, avec l’éco label européen, vous aurez « quelques garanties »c’est vrai. Mais vous retrouverez aussi dans ce produit des substances problématiques (sur le plan environnement et santé) : car ici seuls quelques ingrédients(et démarches) ont été améliorés. Tandis que pour 50 centimes de plus(en moyenne), dans un magasin spécialisé en bio(ou parfois dans un Leclerc mais c’est rare), vous trouverez des marques telles que ECOVER ou SONETT, BIOCOOP(..) dont :
- l’étiquette affiche déjà en toute transparence l’ensemble des ingrédients utilisés
-et qui ont travaillé à l’amélioration de l’ensemble des composants du produit.

 
Il y a aussi des différences d un produit à l’autre : les critères n’étant pas les mêmes pour une lessive, un savon, un produit de lave vaisselle etc. !).

J’ai noté ces derniers temps que le recours à la couleur « verte » est de mise dans les rayons-détergents ! Certains jouent sur les couleurs, d’autres sur les mots(« éco efficacité », « fraicheur verte », « bon pour l’environnement », »écologique »etc…).
Les ventes des produits ménagers écologiques augmenteraient de 30°/° par an !
 

Je devrais m’en réjouir, pensez-vous…Ce serait le cas si je pensais que ces produits là sont sérieux et « innovants »…Mais trop de gens se font attraper, à mon goût, par des arguments marketing « malins »qui ne correspondent à aucun engagement réel…

PRUDENCE !

Grâce à la législation :
-Actuellement, tous les produits ménagers en vente(écolo ou pas) sont biodégradables à 60% en 28 jours ! (les mentions « biodégradables n’ont rien d’exceptionnel !).

-Toutes les lessives pour le linge sont sans phosphate ! ( La mention « sans phosphate » pour une lessive n’a donc rien d’extraordinaire !).

RETENIR
Les 3 « labels » ne se valent pas…

1-La mention « Nature et Progrès »
La plus sérieuse :garantit un produit totalement biologique

2-La certification « Ecocert »
Bon compromis :garantit un produit 100°/° naturel

3- L’« Eco label européen »

Insuffisant (même si des efforts) :garantit simplement une incidence réduite sur le milieu aquatique/l’amelioration d’une substane(la base lavante)

 

1.Mentions concernant les produits ménagers

*Repères

-1- L’ ECO LABEL EUROPEEN

L’ ECO LABEL EUROPEEN     indique qu un produit  a obtenu le label « ecologique »
Officiel et commun à tous les pays membres

Créé en 1992 (il est symbolisé par la petite fleur et certifié AFNOR), il renseigne sur le cycle de vie du produit et de l’emballage,mais se centre principalement sur la biodégradabilité des bases lavantes (obligatoire !)sans garantir  la nature écologique de chaque composant ni l’impact environnemental et sanitaire des substances…
C’est aujourd’hui le seul repère « officiel » ce qui est un bon début (enfin un cadre commun pour tous les acteurs européens)mais qui est insatisfaisant à mon sens(une labellisation « au rabais » ?).

-2- LA MENTION ECOCERT

Ecocert est un organisme de contrôle et de certification agréé et accrédité selon la norme « ISO »(guide 65 –EN 45011) qui intervient pour les produits « bio ». Il contrôle sur le terrain le respect des exigences définies dans un référentiel donné. Dans son référentiel « détergent écologique »(de 2006), les fabricants accrédités par Ecocert sont censés contenir au moins 95°/° d’ingrédients naturels et s’engager à diminuer l’impact de la fabrication du produit. Mais certains conservateurs d’origine chimique sont toujours autorisés à ce jour, faute de substitut.

3- MENTION  PRIVEE  SERIEUSE
Ce sont des garanties qui reposent sur la confiance accordée aux fabricants identifiés « écologiques »dans les réseaux de magasins bio spécialisés(ex des « biocoop »). Cette confiance est liée aux efforts de transparence( affichage complet des ingrédients !), à des cahiers des charges rigoureux, exigeants, et à la renommée des fournisseurs qui se fait dans le temps.

*Mention NATURE ET PROGRES

La mention « Nature et progrès » est une certification. L’association du même nom réunit consommateurs et producteurs, professionnels.
La mention est contrôlée par un organisme certificateur exterieur(CERTIPQ). Elle correspond à une charte dont les signataires s’engagent à respecter un cahier des charges très précis (le plus sévère).

4- LES « FAUX LOGOS »:LES LOGO « VALEUR AJOUTEE »

*Mention du WWF (le panda)
La mention « WWF »apposée sur un détergent (ex de la marque RAINETT) atteste d’un partenariat financier entre l’entreprise et l’association internationale du WWF (avec une « démarche de developpement durable »).
 

ATTENTION !
Le WWF apporterait sa reconnaissance pour des détergents dont la biodégradabilité à 98°/° en 28 jours irait au-delà des minima de l’éco label mais cela ne concernerait que les bases lavantes et  pas du tout toutes les autres substances ! C’est à mon goût un « effet d’annonce » (là encore peu d’exigence…)

2.Mentions concernant les Accessoires de l’hygiène (sopalin, papier wc, serviettes jetable s etc)

*LE LABEL « FSC »(1993)

La labellisation FSC  (Forest Stewardship Council : « conseil de bonne gestion des forêts ») garantit que le bois  est issu d’une gestion forestière respectueuse de critères écologiques et sociaux . Le WWF soutient le label  FSC. Ce label garantirait une exploitation responsable des forêts dans le monde entier , sans abus, dans le respect des populations locales et des travailleurs forestiers. La FSC est une organisation non gouvernementale (ONG).

*LE LABEL « PEFC »(1999)

Le label  PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières) certifie lui aussi à la fois des produits commercialisés (meubles, bois brut, papier etc) et une gestion durable des forêts. Cependant dans mes lectures il était davantage critiqué…( par Les amis de la Terre par exemple).
 

*LA NORME FRANCAISE « NF »

C’est une mention censée promouvoir des produits « surveillés » par les normes françaises (sécurité etc…).

*TEXTILES
(torchons, lavettes, serpillères,serviettes, nappes, tabliers..)

1- EN…COTON

Dans le domaine du bio, je ne suis pas une spécialiste des textiles. Mais j’ai commencé à enquêter lorsque j’ai voulu
décrypter tout ce qu’il y avait dans ma cuisine…

Vous avez décidé de cesser d’utiliser du « jetable »(serviettes en papier, sopalin etc.) et vous voulez vous tourner vers le coton, confiants…
Ne le soyez pas trop…
(Je vous l’avais dit…tout est complexe !)
Ainsi un torchon en coton n’est pas forcément un produit « sans impact sur l’environnement et la santé »…Il peut contenir des métaux lourds, du formaldéhyde, des azurants optiques, qui ont un impact indirect sur la santé (en plus de son impact « direct »sur l’environnement et la santé…) Souvent associé à l’idée du « naturel », le coton est trompeur ! Fibre végétale« naturelle »issu d’un arbuste, le coton est en fait produit aujourd’hui de façon très polluante…Depuis le XIXe siècle, il constitue, grâce aux progrès de l’industrialisation et de l’agronomie, la première fibre textile du monde (près de la moitié de la consommation mondiale de fibres textiles).Il ne peut être cultivé sans irrigation(40 % des surfaces cultivées en coton  seraient irriguées : l’irrigation artificielle du coton conventionnel utilise plus de 2/3 des ressources mondiales d’eau potable). Et pour lutter contre les parasites du coton, sa culture nécessite de nombreux traitements…La culture du coton représente 2,5% de la surface agricole mondiale, mais consomme 25% des pesticides vendus dans le monde. De 10 traitements aux pesticides par an dans les années cinquante, on serait passé à 30 parfois 40 actuellement dans certaines régions. De nombreux pesticides utilisés sur le coton sont classés parmi les substances dangereuses et sont même prohibés par l’Organisation Mondiale de la Santé. Selon l’OMS, chaque année, 1 million de personnes sont intoxiquées et 22 000 personnes meurent à cause de cette culture.

ZOOM : LE COTON « O.G.M » !
Le coton génétiquement modifié représentait en 2006 le quart des surfaces cultivées dans le monde et vraisemblablement le tiers de la production mondiale. Les cotons OGM seraient aujourd’hui produits par la plupart des grands pays producteurs : Chine, États-Unis, Australie et Inde. Le Brésil l’a autorisé en 2006. En Inde les surfaces cultivées de coton transgénique Bt (résistant aux lépidoptères ravageurs) représenteraient plus des deux tiers des surfaces cultivées en coton. []

*ET LE COTON « BIO » ?

Il existerait 2 mentions identifiées.
-EKO (SKAL) C’est l’éco label de l’agriculture  et du textile biologique des Pays Bas qui a été créé en 1985 par SKAL, un organisme de certification néerlandais. Depuis 2008, son référentiel textile serait aligné sur celui de GOTS (Global Organic Textile Standard).

-OEKO-TEX
Oeko-Tex  est un organisme de certification international, dont le siège social se trouve en Suisse (Zurich). Oeko-Tex a des membres dans de nombreux pays : en France, le relais est assuré par l’Institut Français Textile et de l’Habillement (IFTH ). Le label Standard 100 garantirait que :
*  ses textiles ne libèrent aucun colorant azoïque ayant un effet cancérigène de type arylamine et ne contiennent aucun colorant allergène.
* les pesticides et les phénols chlorés ont été testés.

*  la libération éventuelle de métaux lourds par l’action de la sueur sur les textiles certifiés est testée.
*  ses textiles certifiés ne contiennent pas de formaldéhyde ou leur contenu est loin de la limite déclarée légale.
*  ses textiles certifiés sont dans un domaine de pH qui correspond à notre peau.
*  ses textiles certifiés ne contiennent aucun accélérateur de couleur organo-chloré.
*  ses textiles certifiés ne contiennent aucun apprêt biocide.

2- EN…BAMBOU (etc.)
Là encore, si le bambou est bien à la base une « matière 1ère naturelle »,si ses vertus de «plante à croissance rapide qui se renouvelle très vite » sont vantées,(il ne nécessite pas non plus de pesticides) il n’en est pas de même pour le torchon à 99°/°en « viscose » de bambou qui se prétend très « écologique »!
Celui – ci serait obtenu chimiquement par la transformation de la cellulose du végétal. Et ce, grâce à un procédé utilisant de nombreux produits chimiques polluants(toxiques), les eaux polluées non traitées seraient rejetées telles quelles, présentant un danger direct pour les employés de ce genre d’usine…

 

3.En quoi les produits écologiques des magasins bio diffèrent – ils des autres ?

                                      Voici mon petit récapitulatif :

*Phosphates

Ils n’en contiennent pas

*Autre anti calcaire

Ils utilisent d’autres adjuvants tels que les citrates, bicarbonates, zéolites

*Javel

Elle est proscrite. En substitut : détachants de type terre de Sommières, savon de fiel etc. sont proposés

*Azurants optiques

Ils sont proscrits. En substitut : agents de blanchiment à base d’oxygène(ex :percarbonate de sodium ou citron, vinaigre, cristaux de soude..)

*Enzymes

Ceux qui en utilisent garantissent que celles choisies sont détruites lors du lavage et non OGM.

*Parfums

Parfums de synthèse proscrits. En substitut : certaines huiles essentielles

*Colorants

Rares. Et d’origine naturelle(issu de la betterave, chlorophylle..)

*T.A (bases lavantes)

Ils sont mixtes. Le SLS est encore utilisé par certains et plus du tout par d’autres(remplacés alors par des dérivés de sucre)

*Autres :

-certains fabricants prennent des engagements en plus :

ex: en faisant le choix de matières premières gérées « durablement » (ex de l huile de palme -pour les bases lavantes)

 4.Quelles questions peut on se poser sur ce type de produit ?

Si un certain nombre de consommateurs sont très informés en ce qui concerne l’alimentation, ce n’est pas le cas pour les détergents.

Je survole ici une série de questions  (précises) que j’ai été amenée à me poser avant d’enquêter…

A-LE FABRICANT A-T-IL LE SOUCI DE SON IMPACT SUR L ENVIRONNEMENT POUR L EMBALLAGE ?

-L’emballage contient- il ou non des substances douteuses(qui pourraient migrer dans le produit éventuellement) ?
-L’emballage génère- t- il ou non des substances douteuses :lors de sa fabrication ou lors de sa destruction?
-L’emballage se recycle- t- il ?(tout ou partie ?)
-L’emballage est- il réalisé  en matériaux recyclés (tout ou partie ?)
-Est-ce que la marque favorise le principe de l’ »éco recharge » ?
-Est-ce que l’emballage est « biodégradable » ou « compostable » ?
-Est-ce que lors de sa fabrication l’emballage privilégie l’utilisation de matières premières renouvelables ?

 

B-QUEL TYPE DE PRODUIT EST UTILISE ?
-Le produit contient- il des OGM ?
-Le produit inclut – il des nanoparticules ?
-Le produit privilégie- t -il l’utilisation de matières 1ères renouvelables ?   de ressources locales ?
-Le fabricant a-t-il eu recours à la « chimie lourde » pour le produire ?
-Le fabricant a-t-il eu recours à l’expérimentations animale ?
-Est-ce que sa confection est gourmande en eau ? en énergie ?
-Est-ce que le produit porte :        -a-l’ »écolabel européen ? »/b-la certification «écocert ? /-c-la mention « nature et progrès » ?

 

C-LA QUESTION DE L IMPACT SOCIAL
Le fabricant a-t-il le souci de son impact social :
-Est-ce que les rémunérations des employés sont « dignes » ?
-Est-ce que les matières 1ères achetées à l’étranger se font de façon « équitable » ?
-Est- ce que l’extraction des matières premières utilisées se fait de façon« durable » /engendre ou pas des problèmes de déforestation(qui aurait un impact sur les cultures de subsistance )?

 

D-LA QUESTION DE L IMPACT SANITAIRE
Le fabricant a-t-il le souci de son impact sanitaire :
-Est-ce que les salariés sont exposés à un quelconque danger pendant la fabrication, le  conditionnement, le transport ou la destruction du produit et de son emballage ?
-Est-ce que le produit contient une ou plusieurs substances qui posent problème sur le plan toxicologique ?

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